la recherche scientifique universitaire

24Envers qui la recherche universitaire est-elle responsable ? Hommage à Jacques Dabin. Les chercheurs sont donc soumis à la censure externe des agendas et programmes de recherche, des appels d’offre et, plus fondamentalement, de la définition des « problèmes de société » (le « lien social », les « dysfonctionnements » des services publics, la consommation de drogues, la circulation routière, la pédophilie...) qui échappe à leur initiative. 2La tendance qui demande à être soulignée en premier lieu est l’affaiblissement rapide et massif du poids des universités dans la production scientifique. Entre sciences naturelles et sciences humaines, instrumentalisation et autonomie, approche technique et approche critique, enseignement et recherche, les tensions sont nombreuses. Notre responsabilité est de produire une vision réflexive du monde, de la société et de l’expérience humaine, soit d’élaborer des thématisations des problèmes que les acteurs pourront discuter et où ils pourront puiser des ressources cognitives pour évaluer les situations auxquelles ils sont confrontés et élaborer leurs projets. The question of university research’s responsibility is not asked abstractly, but in relation to these trends. Le PIA est une démarche originale qui prépare la France aux défis de demain en plaçant l’excellence, l’innovation et la coopération au cœur de ses priorités. Nous n’ignorons pas que d’honnêtes « détournements de fonds », consistant à mettre à profit des commandes pour développer conjointement des pistes de recherche étrangères aux soucis du commanditaire, sont constamment opérés « pour la bonne cause ». Études de sociologie de la déviance, Paris, Métailié, 1985, en particulier le chapitre 1, « Le double sens de “outsider” », p. 25-41. l'État joue cependant un rôle toujours important et central dans le financement de la recherche, que cela soit en France ou dans les autres pays développés. Si le phénomène est plus marqué dans les sciences naturelles, il n’en touche pas moins les sciences humaines, notamment dans les disciplines ou les domaines comme l’économie, la politique, la gestion et l’organisation, qui intéressent le plus les grandes organisations publiques ou privées et participent à leurs processus de direction. L’enseignant-chercheur est censé être l’animateur de cette dialectique et de sa dissémination démocratique. Cette fonction prend aujourd’hui d’autant plus d’acuité que la connaissance est devenue le principal moyen de production et la principale source de pouvoir. Le chercheur plus autonome, médiateur du débat dans l’espace public, se perçoit comme responsable de la juste définition des questions à débattre et de l’information scientifique la plus riche et la plus correcte possible à son propos. Plus précisément encore, il me semble que le pouvoir auquel la recherche universitaire devrait apporter l’attention la plus vive est celui dont la science elle-même est partie prenante, , celui qui est lié à la connaissance et au savoir eux-mêmes et à leurs usages, notamment la construction des vérités scientifiques, la fabrication statistique et technique des informations et données « scientifiques », l’autonomisation d’un pouvoir technoscientifique qui échappe à la démocratie, les flux des ressources du pouvoir comme l’information et les cerveaux (à l’instar des mouvements de capitaux), les structures de raisonnement qui sous-tendent les nouveaux pouvoirs, les différentes formes d’instrumentalisation des savoirs (comme la réduction de l’éthique à la déontologie ou au contrôle). Responsable envers le seul Prince et selon des critères qui relèvent de son bon vouloir, le chercheur se condamne en fait à l’irresponsabilité pour tout ce qui dépasse les seuls critères de rigueur technique (dont le Prince se désintéresse d’ailleurs le plus souvent sinon pour discréditer les travaux dont les résultats ne l’agréent pas). C’est à cheval sur les deux derniers siècles qu’advint un tournant décisif et réformiste dans la culture scientifique mondiale, soit le passage d’un paradigme de la transmission à un paradigme de la communication et de l’information. Leur science est aussi une éthique de la science. Exposition : Les Sénons, Archéologie et Histoire d’un peuple gaulois; 01 Nov. au 16 Sep. Candidatures des étudiants internationaux à titre individuel; 01 Nov. au 17 Jan. Inscriptions au TCF DAP; 04 Nov. au 17 Mar. La question de notre responsabilité revient alors à celle de la spécificité et de la manière dont notre travail doit prendre place dans un ensemble d’activités dont il ne constitue qu’une composante. : faisons de la « bonne » recherche, c’est-à-dire de la recherche marquée par une vision lucide des enjeux les plus cruciaux, par une curiosité critique, par le recul réflexif et la rigueur méthodologique, par le souci de pertinence pratique et de sens, par la clarté dans l’exposé de ses enseignements enfin, et le reste – je veux dire par là la capacité de faire œuvre utile à partir d’un positionnement éthique et politique clairvoyant – viendra de surcroît. 11Cette internationalisation de la recherche universitaire nécessite des procédures bureaucratiques qui obligent les responsables de centres de recherche et les chercheurs à consacrer de plus en plus de temps à l’élaboration de dossiers et de projets, aux démarches auprès des pouvoirs publics et à la recherche de partenariats « ad hoc » et souvent cyniques au détriment du travail scientifique proprement dit. Les rapports de recherche doivent se conclure par des « recommandations » susceptibles de consolider des programmes dont les finalités ne peuvent plus être interrogées. 15De quoi tout d’abord ? Mis à part quelques généralités qui, pour une large part, entretiennent un consensus de surface, l’université est profondément divisée. Cette perspective revient à dire que les réponses à nos questions sur la responsabilité de la recherche universitaire ne résident pas dans des déclarations de principe vertueuses mais plutôt dans une méthode au sens fort, un style de travail scientifique, soit notamment des dispositifs concrets d’animation et d’organisation du travail universitaire, tels que les solutions viennent d’elles-mêmes et que les problèmes les plus cruciaux ne puissent être éludés parce qu’ils seraient trop ardus ou trop gênants. C’est à la lumière d’une
telle ambition, terriblement
forte et terriblement modeste
à la fois, que la formule « l’enseignement par la recherche »
doit être comprise et que l’une
et l’autre doivent être repensés. Unique au Québec, l'INRS regroupe 150 professeurs dédiés à la recherche universitaire de haut niveau et à la formation d'étudiants de 2e et 3e cycles. Seuls existent à propos de ces dernières des « audits » qui ne se préoccupent que de leurs « performances », telles que peut les envisager le Marché (part de marché et position face à la concurrence, rentabilité, image de marque...) et qui n’ont pas grand-chose à voir avec la tradition de la recherche universitaire en sciences humaines, davantage attentive aux modes de construction des problèmes sociaux, aux orientations de l’action et à ses fonctions sociales, aux rapports de pouvoir et aux modes de décision, notamment. Nous vivons à l’heure de l’extension de la responsabilité4, voire de la responsabilisation généralisée ; à tout malheur il faut des responsables. Dans les pays développés, chacun a désormais directement accès à un savoir immense. C’est en y prenant part que les étudiants se forment vraiment, s’« éduquent » même et se retrouvent d’autant plus durablement marqués qu’ils ne peuvent se prêter au processus que dans l’exercice de leurs propres liberté et responsabilité. Sous la direction de Catherine Puigelier, François Gros, Antoine Jarlot. Elle est aussi de plus en plus largement accessible aux professionnels, aux médias, aux citoyens, grâce au mouvement de la science ouverte. Mais ceux-ci n’ont jamais été aussi difficiles à trouver en raison du caractère systémique des processus de décision et de production, ou encore du poids des « systèmes experts5 » sur la gestion de la vie collective. 29Mis à part quelques généralités qui, pour une large part, entretiennent un consensus de surface, l’université est profondément divisée. La recherche scientifique : un droit fondamental ? 27C’est à la lumière d’une
telle ambition, terriblement
forte et terriblement modeste
à la fois, que la formule « l’enseignement par la recherche »
doit être comprise et que l’une
et l’autre doivent être repensés. Entre attentes sociales et impuissance morale. 22-35). Cet éclatement des univers et des pratiques est source directe d’hétéronomie dans une université qui se présente au commanditaire potentiel comme un supermarché où il trouve toujours dans un rayon ce que les autres ne lui offrent pas. L’auteur cible comme responsabilité spécifique l’étude des systèmes de pouvoir qui s’excluent eux-mêmes des recherches qu’ils instrumentalisent et dont la science est elle-même aujourd’hui partie prenante. La quasi totalité des chercheurs, quelle que soit leur discipline, sont issus des universités au niveau master et doctorat et/ou d'une grande école d’ingénieurs, aussi bien dans le domaine des sciences dures et … La question est ici de savoir ce qui s’internationalise, comment, au profit et au détriment de quoi. L’interdisciplinarité constitue par ailleurs un puissant moyen pour raviver le « fonds commun éthique de la science » : l’adogmatisme (contre le dogmatisme et l’hermétisme de certaines écoles), l’autonomie à l’égard des pouvoirs externes (en raison de l’obligation de rendre des comptes d’abord au sein de la communauté scientifique), le contrôle empirique et la pertinence pratique, le postulat d’universalité rationnelle selon lequel il doit être possible de se comprendre entre scientifiques de cultures, et notamment de cultures disciplinaires, différentes à partir du langage commun de la science. Ces tensions ne divisent pas seulement les disciplines, elles sont internes à chacune d’elles et éprouvées par chaque universitaire. Ces tensions ne divisent pas seulement les disciplines, elles sont internes à chacune d’elles et éprouvées par chaque universitaire. Pour comprendre ce processus, le chercheur
doit poser d’entrée de jeu
l’équivalence morale des comportements considérés comme
« déviants » et des comportements considérés comme
« conformes », car ces catégories
relèvent des constructions
sociales – et non d’une construction scientifique – qu’il entend précisément déconstruire scientifiquement. Il montre également que la responsabilité de la recherche universitaire ne prend sa pleine mesure que lorsqu’elle s’accomplit en liaison étroite avec l’enseignement. Ces phénomènes sont particulièrement sensibles en Europe. Pour le sociologue, par exemple, ce travail revient à reprendre inlassablement la question : Comment penser le social aujourd’hui ?

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